Etat civil : Le « génocide biométrique » continue pour les mauritaniens établis en France [Vidéo]

Objectifs déclarés


Selon les autorités mauritaniennes, le recensement vise à « lutter contre la falsification de pièces d’état civil ». Mais un seul bureau de recensement existe en France, à Paris. Pour les Mauritaniens qui veulent se faire recenser, la navette maison-métro-ambassade est régulière, car ils rentrent souvent chez eux bredouilles. Ceux vivant en province sont donc les plus lésés.

 

Contestation


Au lendemain du démarrage du processus, les Mauritaniens de France se sont insurgés contre les modalités d’enrôlement. Deux documents inscrits sur la liste des documents nécessaires à l’enrôlement sont à l’origine du calvaire quasi quotidien des Mauritaniens de France. Il s’agit de la carte de séjour et du récépissé du recensement de 1998. Qui sont exigés et difficiles à obtenir.

 

Il a fallu deux ans de manifestations devant l’ambassade et à la place du Trocadéro, pour que la carte de séjour ne soit plus exigée pour l’obtention d’une pièce d’identité ou passeport mauritanien. En revanche, le récépissé de 98 continue d’être exigé. Or, seuls ceux présents en Mauritanie lors du recensement de la population l’été 1998 le détiennent. Ce qui exclut la plupart des migrants présents en France depuis 20 ans au moins.

 

 

Les exclus du système


Selon e l’Organisation des Travailleurs Mauritaniens de France, « les autorités doivent revenir sur la décision d’exiger […le récépissé du recensement de 1998. Sinon, cette opération d’enrôlement exclura la majorité des Mauritaniens établis en France. »

 

Il change de nationalité


A cause de ce récépissé du recensement 98 qu’il n’a pas, Kalidou a du prendre une décision radicale. Il change de nationalité. C’est le seul moyen pour lui de rester en France. Désormais, il n’est plus Mauritanien mais Malien par alliance.

 

Fils unique, pas de passeport


Outre les documents mentionnés plus haut, d’autres closes et règles souvent non écrites entravent l’accès aux mauritaniens de France à un passeport. C’est le cas des fils uniques. Ceux là doivent absolument venir en Mauritanie pour obtenir un « jugement » attestant de leur « mauritanité ». D’autres part, ceux ayant plusieurs frères et sœurs doivent présenter les recensements de ces derniers pour se voir attribuer un passeport.

 

Apatrides, chez eux


Plusieurs de mauritaniens établis en France depuis une bonne dizaine d’années sont bloqués en Mauritanie. Ils quittent la France dans l’espoir de se recenser rapidement, arrivé sur place c’est la désillusion. La procédure lente et les exigences « assassines » des services d’état civil font d’eux des apatrides. Oui, des apatrides puis qu’ils perdent leur titre de séjour faute de passeport biométrique.

 

Presque sans papiers


Nombreux sont les étudiants et travailleurs qui ont perdu leur titre de séjour et travaillent dans la foulée à cause de la lenteur du processus d’enrôlement. Ils sont sans papiers où à un cheveu de l’être. En effet, aujourd’hui encore, il faut absolument avoir le sésame « recensement 98 » et du temps pour prendre un rendez vous pour chaque pièce d’état civil.

 

L’ambassade se défile


Un enfant unique ne peut avoir un passeport mauritanien à partir de la France, pourquoi ? L’obtention d’un passeport est conditionné par le recensement de tous les frères et sœurs, Pourquoi ? Nous aurions aimé que l’ambassade Mauritanie à Paris réponde à ces questions.

Une semaine durant, nous avons tenté d’entrer en contact avec l’ambassade. « Le responsable du service état civil ne veut pas parler à la presse sans l’accord de l’ambassadeur. L’ambassadeur est lui trop occupé », dit-on.


Pourtant, la situation administrative des Mauritaniens de France reste critique. Et l’ambassade de Mauritanie à Paris apparaît à présent comme une usine de fabrication… de sans papiers.

 

Amadou Sy

 

source: afrique360.com

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