Procès des treize étudiants: l'Ambassade de Mauritanie de Paris manque de preuves

 

Comme le veut la législation, le tribunal a rappelé les faits reprochés aux prévenus. Il parle de dégradation volontaire en réunions de biens privés.
Ensuite, les prévenus passent l'un après l'autre devant le tribunal. Précis et cohérents, ils rapportent tous les mêmes propos "nous n'avons ni dégradé du matériel ni agressé le personnel. Nous avons au contraire eu droit à des injures racistes proférées par le premier conseiller de l'ambassadeur de l'époque".


Jusque là tout est normal. Le théâtre commence lorsque l'avocat de la partie civile commence sa plaidoirie. Il demande 62000 euros de dommages-intérêts. Pour cela il présente les preuves rafistolées par l'Ambassade. Il s'agit d'un devis d'installation d'un système de vidéo surveillance dans l'ambassade et d'un autre d'un devis établi par l'ambassadeur Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khil.
Ce dernier mentionne que des ordinateurs de bureau, des tables, des chaises, des armoires et des réfrigérateurs ont été endommagés par les étudiants. Il dit aussi que des vitres et de carreaux ont été cassés et que le câblage de l'ambassade à été sectionné par les pauvres étudiants.
Pour donner du poids à ces devis, la partie civile présente des factures de certains des éléments cités.


Les supposés preuves n'ont faits que faciliter la plaidoirie de Maitre TOURE (Touré) et de Maitre WORD. Les deux avocats de la partie adverse montrent d'abord qu'un devis ne doit être établi que par un expert et donc que le devis fait par l'ambassadeur qui se croyait avoir toutes les compétences, n'a aucune valeur juridique. Les deux Hommes, toujours très posés et très attentifs ont vu que le devis d'installation n'est qu'un projet de l'ambassade et donc qu'en aucun cas il ne peut être facturé aux étudiants.
La vigilance de Maitre TOURE et de Maitre WORD a aussi permis de voir quelque chose pour le moins comique: parmi les documents présentés, figuraient des factures d'ordinateurs appartenant à des familles et des étudiants. Cela a mis mal à l'aise la partie civile.


Pour finir, Maitre TOURE et Maitre WORD s'aperçoivent que l'Huissier qui a été dans les locaux de l'ambassade n'a constaté qu'un seul câble endommagé; un câble endommagé par qui?


Après la plaidoirie des deux Hommes, l'avocat de l'ambassade était comme gêné par ses preuves pitoyables. On dirait aussi qu'il craignait que le plaignant ne devienne accusé. Il n'a donc jamais repris la parole. Le public quant à lui croyait à un poisson d'avril de la part de l'ambassade
Avant la fin de l'audience, le Procureur a demandé un sursis et une amende de 3000 euros par partie au titre de dommages-intérêts.


Vers 13 heures, la Présidente du tribunal après avoir entendue les parties et leurs avocats a mis l'affaire en délibéré au 15 avril 2015.


Dans cette affaire, les preuves fournies montrent de quoi est capable l'Ambassade de Mauritanie à Paris et en disent long sur ses intentions. Poursuivra-t-elle son manège pour briser la carrières de ses étudiants?

 

Ibrahima Samba DIOUM.

 

Flam.

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