Le congrès d'Aleg: l’acte de naissance d’une Mauritanie ségrégationniste

Du vendredi 2 mai 1958 au lundi 5 mai 1958, sous une très forte chaleur, s’est tenu à Aleg le fameux Congrès dont l’objectif était de réunifier toutes les tendances politiques mauritaniennes. Cette unification a toujours été la pièce maîtresse de la politique de Mokhtar Ould Daddah, jusqu’à sa chute, pour dominer et contrôler tous les rouages de la vie en Mauritanie.

 

La Nahda et d’autres mouvements refuseront d’y participer pour différentes raisons (crise marocaine, autres,…)

Ce Congrès, malgré le mérite qu’on lui attribue, a occulté encore, une fois de plus, les problèmes aigus qui vont empoisonner la vie des Mauritaniens, et aujourd’hui encore d’une manière plus aiguë.

 

Les Négro-Africains présents étaient animés du désir de construire une Mauritanie juste, égalitaire et prospère alors que Mokhtar Ould Daddah, par l’intermédiaire de petites motions et de formules utilisées dans sa déclaration, préparait déjà le chemin vers l’indépendance de la Mauritanie en commençant déjà l’exclusion de la composante noire( la règle des 4/5eme).

 

Ce Congrès a énormément débattu de la GARANTIE RECLAMEE PAR LES NOIRS POUR VIVRE DANS UNE MAURITANIE BI-RACIALE. Une commission paritaire, dirigée par Gaye Sily Soumaré et Mohamed Ould Cheikh et composée de quatre Noirs et quatre Maures, est désignée pour proposer des solutions aux problèmes de la COHABITATION. (Elle proposera des solutions qui seront ignorées au Congrès du PPM de 1963, en raison de la pression des éléments extrémistes maures)

 

Les événements tragiques de 1966 et 1986-1989 semblaient avoir été prévus dans les déclarations faites durant ce Congrès.

Sans faire preuve de chauvinisme, nous pouvons dire que le nombre de délégués noirs était aussi important que ceux des délégués maures et que Mokhtar Ould Daddah avait énormément besoin des Noirs pour assurer sa légitimité politique, car il était très contesté par une bonne partie de la composante maure.

 

Sans les Noirs, point de Mauritanie car le Maroc revendiquait le pays et les Regueibatt voulaient former un Etat regroupant le Nord de la Mauritanie, La région algérienne de Tindouf et le Sahara espagnol.

Une motion sur l’arabisation, passée inaperçue aura de lourdes conséquences sur la vie du pays.

 

Dans cette première chronique, intitulée «le congrès d’Aleg, l’acte de naissance d’une Mauritanie ségrégationniste», que nous publions, flam-mauritanie.org vous livre dans leur intégralité tous les textes de ce congrès de qui vous permettront de juger de la place des Noirs dans le pays et de la trahison qui leur a été faite.

 

La rédaction

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