Détention Arbitraire de Notables du Village de Thiambene

Ces femmes, qui se sont toujours constituées en Coopérative Agricole, cultivent leur champ au même titre que les hommes du village, gèrent leur mutuelle et s’acquittent de leurs devoirs ménagers et matrimoniaux, ne sont-elles pas assez responsables pour défendre leur propre bien acquis par la sueur de leur front ?

 

Le litige foncier opposant la Coopérative Féminine de Thiambène à la dame mauresque remonte aux événements douloureux de 1989, au cours desquels toute la population Wolof du village de Thiambène a été déportée au Sénégal. Avant leur déportation, les femmes possédaient déjà une plantation de manguiers cultivée dans une zone d'un périmètre de 35 hectares faisant partie des terres délimitant le village.

En 1995, les populations du village sont revenues au pays et ont pu récupérer leurs anciennes demeures qui étaient occupées par des rapatriés R’hahlas.

 

Toutefois, le périmètre de 35 ha n'a pu être réapproprié qu'à l'issue d'un règlement à l'amiable sanctionné par un protocole d'accord signé en date du 19/07/1995 par le Hakem de Rosso, le Chef d'arrondissement de Tékane, le Commandant de Brigade de la Gendarmerie de R'kiz et les représentants des deux parties en conflit.

 

Ce protocole d'accord stipule que « les habitants de Thiambène s'engagent à verser au profit de la Collectivité de Rahahla le 30/10/1995 le prix de 24 manguiers en raison de 2000 UM le pied, soit 48 000 UM…En conséquence, les deux parties sont averties que l'exploitation du terrain litigieux doit revenir définitivement aux habitants de Thiambène le 30/10/1995, sous réserve du respect de leur engagement ».

 

En effet, 24 manguiers s'étaient ajoutés à la plantation avant le retour des villageois du Sénégal. Conformément à ce contrat, les populations de Thiambene ont honoré tous leurs engagements.

 

Quelle ne fut la surprise des villageois lorsqu'une dame membre de la collectivité R’hahla réapparut huit ans après (2003) en possession des « documents » pour signifier aux femmes de Thiambene qu'elle est propriétaire du domaine et les intimer, avec l'appui des autorités administratives et sécuritaires, de quitter les lieux dans les plus brefs délais.

 

A ce jour, les populations de Thiambène et ceux qui les assistent n'ont pas vu le contenu ou reçu aucune information palpable concernant la nature des documents détenus par la dame.

 

Ce qui est certain, c'est que les autorités approuvent ces documents et accompagnent vigoureusement la dame dans sa démarche de spoliation de biens d'autrui. Des événements regrettables se sont déroulés presque chaque année depuis ce jour de 2003.

 

Les détails des faits seront étalés progressivement dans les prochaines publications puisqu'il s'agit d'un épisode sombre du litige. Il faudra comprendre par là des pratiques malsaines de « deux poids, deux mesures » et des flagrantes violations des droits humains.

 

Force est de constater que toutes les méthodes d'intimidation utilisées jusqu'à présent par la dame en connivence avec les autorités locales et forces de sécurité n'ont pas donné les résultats escomptés.

 

De ce fait, nous héritons, ici, d'une situation explosive qui n'a que trop duré du fait du laxisme d'autorités complices qui s'obstinent dans leur refus de faire manifester le droit pour des raisons qui laissent à réfléchir.

 

« En toute chose malheur est bon », car cette situation désolante est entrain d'éveiller la conscience collective de la communauté wolof de ce pays qui est toujours restée inoffensive et passive face aux manques de considération à son égard. D'ailleurs, il ne s'agit pas d'un problème qui concerne uniquement cette communauté, mais qui affecte tout citoyen de ce pays épris de justice et/ou soucieux de l'avenir de la Mauritanie.

 

Face à cette situation d'atteinte grave à la dignité et aux droits humains, la coordination des actions de soutien pour le règlement du litige foncier de

Thiambène, au nom de la communauté wolof de Mauritanie, exige:

 

• La libération immédiate et sans conditions des responsables du village encore détenus à la prison de Rosso sans aucune forme de procès ;

 

• Le règlement définitif de la question des terres du village et la restitution du périmètre de 35 ha aux véritables propriétaires ;

 

• Le dédommagement des villageois pour les pertes subies depuis plusieurs années ;

 

• Enfin, l'arrêt immédiat de l'intimidation et de la persécution des habitants de Thiambène par les autorités administratives locales et les forces de l'ordre.

 

La Coordination


thiambene2015@gmail.com


Source : Boolumbal.org

 

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