Mauritanie : les mineurs de l’acier sous esclavage. Par Azouz Benhocine

Les mineurs mauritaniens vivent leur « Germinal », une épopée de luttes syndicales, sans nul doute comparable à un combat pour l’affranchissement de l’esclavage capitaliste. Deuxième semaine de manifestations dans la ville de Zouérate largement soutenues et suivies par les habitants.

 

Mais là où il y a des exploitations minières, comme Nouadhibou, des grèves justifiées ont lieu. Dans la ville de Zouérate outre la population, des artistes de la ville et des poètes font des animations tous les soirs pour inciter ces travailleurs surexploités à poursuivre leur lutte pour leurs droits.

Il y a un an une marche sur la capitale, Nouakchott, a été organisée une marche par des protestataires, à majorité des femmes, pour des revendications démocratiques et sociales. Les grévistes des mines qui ne trouvent pas d’échos à leurs revendications, pensent reproduire la même chose afin d’alerter l’opinion nationale. Marcher sur la capitale...

Dans un pays où 40% des ressources des exportations sont basé sur le fer, et en songeant aux conditions travail mains laborieuses qui ont pour mission l’extraction de cette richesse, on y observe une misère insoutenable…

L’acier est un métal qui fait filière dans les spéculations boursières, ArcelorMittal en est la démonstration, mais c’est une autre histoire. Car celle des travailleurs mauritaniens nous intéresse plus. Ils revendiquent, comme revendication primaire, sortie des annales du bouquin de Zola, la couverture sociale. Certes ce sont les salaires pour la survie, mais les conditions contractuelles sont esclavagistes !

Pendant la première semaine du mois d’août 2012, 2500 mineurs ont manifesté dans les villes du nord du pays : Zouérate et Nouadhibou. Dans le silence imperturbable des médias qui suivent au grain et au pas les jeux olympiques de Londres les événements de Syrie. Il s’agit de grèves prononcées, qui ont bloqué la Société Nationale Industrielle et Minière SNIM et ont perturbé le travail à plusieurs endroits. Dans l’indifférence… des regards étrangers.

Parmi les revendications, il y a aussi la priorité de recruter la main-d’œuvre locale en priorité sur celle étrangère venue des pays voisins. Et il s’agit d’une corporation majoritaire dans le processus de production du précieux minier l’acier. Ces travailleurs, appelés “journalia” (les journaliers payés au jour) sont soumis à la véritable Nouvelle forme d’esclavage.

 

En effet pour bien fixer la doléance de ces travailleurs précaires, qui est l’expression des formes iniques de la spéculation qui se pratiquent sur le site lui-même d’extraction, avant d’arriver aux cercles de Wall-Street. Il ya des sous-traitants se substituent en prestataires pour la société étatique et s’adonnent à des contrats de travail sans fondements juridiques. Ces intermédiaires ne reconnaissent aucun statut à leurs employés.

De véritables trafics d’êtres humains et une forme d’esclavage sont dénoncés. Les revendications portent sur le fait que l’entreprise paie ses employés quatre fois le salaire qu’elle verse aux “journalia”. Et ignorant les doléances syndicales authentiques, la société menace de remplacer les grévistes par des travailleurs étrangers, notamment des pays voisins.

- L’insistance de la SNIM à continuer l’exploitation des travailleurs mauritaniens de la manière qui ramène à la mémoire l’exploitation des travailleurs africains dans les champs de canne à sucre en Amérique autrefois.

- L’insistance des travailleurs à poursuivre leur grève et à ne pas plier sous les pressions de l’entreprise, qui menace de les remplacer par des travailleurs étrangers.

- L’insistance des autorités à faire taire tous ceux qui élèvent leur voix dans le pays et revendiquent leurs droits de telle sorte que la contagion de la révolution ne se propage pas et que les choses n’échappent pas à leur contrôle.

 

Par Azouz Benhocine

mercredi 8 août 2012

 

Source : argotheme.com

 

 

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