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Affaire école Nessiba 1 : Les dessous réels du scandale

Le directeur de publication du site Al Akhbar, Haïba Ould Sidaty vient de révéler les dessous de l’affaire école Nessiba 1, pointant du doigt la responsabilité directe de l’ancien Secrétaire général du ministère de l’Education Nationale dans cette affaire qui continue de défrayer la chronique.

Il confirme le caractère racial et raciste du dossier ainsi que des affaires de sous qui auraient finalement privé selon lui, les jeunes écoliers de cet établissement scolaire de la périphérie d’
El Mina à bénéficier d’un voyage mérité au Qatar pour représenter la Mauritanie dans un tournoi arabe.

Dans cette information parue sur sa page facebook, il avoue avoir hésité à divulguer les informations qui étaient en sa possession avant de céder sur la pression de sa conscience professionnelle et son devoir d’éclairer l’opinion.

Le 1er décembre 2015, déclare-t-il, quelqu’un lui aurait remis des documents relatifs à l’affaire de l’école
Nessiba 1 et du tournoi de football organisé chaque année par la chaîne qatarie « JIM » et destiné aux écoliers du monde arabe.

Selon lui, l’affaire fut, avant même l’école
Nessiba 1, une affaire de corruption. C’était en 2015, lorsque la chaîne qatarie envoya une correspondance aux responsables de l’Education Nationale pour la participation de la Mauritanie au tournoi arabe interscolaire qu’elle organise. Cette lettre serait tout simplement perdue et la chaîne qatarie ne reçut aucune réponse.

En 2016 et eu égard à une organisation dûment préparée très tôt, la chaîne a choisi d’envoyer une délégation auprès des responsables mauritaniens pour les édifier sur les tenants et aboutissants du tournoi et les perspectives qu’il offre aux jeunes écoliers arabes.

Ensuite, la chaîne a lié contrat avec une maison de production (certains ont parlé d’une maison de production portugaise : Ndlr). Puis, la délégation se serait entretenue avec l’ancien Secrétaire général du Ministère qui aurait bien accueilli l’initiative.

L’avenir de la participation d’une équipe mauritanienne à ce tournoi aurait débuté à cet instant, dans la mesure où le département de l’Education aurait aussitôt envoyé une lettre pour demander la prise en charge de ce tournoi au niveau national et les procédures qui s’en suivront.

La chaîne qatarie aurait alors accordé une subvention de 30.000 dollars U.S (plus de 10 millions d’UM environ) qui comprendrait le déplacement de l’équipe vainqueur au niveau national qui devra représenter la
Mauritanie. Un compte personnel fut ouvert à cet effet pour recevoir les fonds. La chaîne qatarie répondra qu’elle ne verse pas de l’argent dans des comptes personnels mais uniquement au Trésor ou dans un compte public.

Le responsable de l’unité de production qui devrait assurer la transmission des matchs au niveau national demanda au département de l’Education une ligne de crédits. Refus du ministère, par le biais du Secrétaire général de l’époque.

Le dossier est bloqué et la
Mauritanie faillit rater à ce moment sa participation. Le ministre de l’Education mis au courant convoqua son Secrétaire général pour lui demander les raisons du blocage et ce dernier déclara n’être même pas au courant de cette histoire de tournoi.

Et le ministre lui aurait rétorqué
« tu nies un tournoi dont tu t’apprêtais à encaisser la subvention ? » Sur ce, le ministre donna ses instructions pour lever le blocage du dossier. Le Secrétaire général ferma alors le compte qu’il avait ouvert en son nom personnel et en informa la chaîne qatarie par lettre officielle.

L’unité de production chargée de la gestion du tournoi commença alors ses activités, en assurant le transport des équipes et leur prise en charge. Elle demanda des facilités auprès du ministère de l’Education pour assurer l’entrée de son matériel de tournage auprès de la Douane.

Refus du Secrétaire général. Il rejeta également une lettre qui était adressée au directeur du Stade Olympique pour abriter les éliminatoires. N’empêche, le directeur du Stade Olympique donna quand même son autorisation pour l’utilisation du terrain de football pour les besoins des éliminatoires, avant que des ordres ne lui parvinrent de revenir sur sa décision. Les organisateurs se rabattirent alors sur le stade
Cheikha Ould Boidya du Ksar.

Pendant ce temps, la douane au niveau de l’aéroport de
Nouakchott avait bloqué le matériel de tournage de l’unité de production. Mais cette dernière n’en eut cure et commença le tournoi. Elle essayera plus tard de récupérer son matériel mais fut surprise de se voir frapper d’une saisine de 30 jours et le payement d’une taxe de 7.000 dollars U.S (plus de 2 millions d’UM).

L’école
Nessiba 1 remporta la finale et battit en finale l’équipe d’Atar sur le score de 6 buts à 0. L’unité de production du tournoi demanda au ministère de l’Education de prononcer un mot à l’endroit de la chaîne qatarie et de lire le nom des jeunes écoliers de Nessiba 1 qui viennent de remporter le tournoi.

Le Secrétaire général demanda alors la liste des joueurs et il aurait eu l’intention d’en changer certains noms. Plus grave, il aurait déclaré que ce tournoi concerne les écoles arabes et va se jouer dans un pays arabe, et qu’il est impossible d’envoyer une équipe d’une même coloration.

Il voulait ainsi colorer l’équipe, ce à quoi les organisateurs du tournoi se seraient opposés.
Haïba Ould Cheikh Sidaty considère que l’aspect racial et raciste évoqué plus tard dans ce dossier était bien réel. L’affaire faisant du bruit, le Secrétaire général finit par envoyer la liste sans changement.

Certains élèves avaient un âge plus élevé que celui demandé et la chaîne qatarie demanda leur remplacement par des élèves de la même école. Le Secrétaire général refusa une telle proposition. De peur que la
Mauritanie ne rate une fois de plus le tournoi, la chaîne qatarie accepta l’envoie de l’équipe sans changement.

Entre-temps, le Secrétaire général fut limogé et il en fit dès lors une affaire personnelle, croyant que son limogeage avait un lien avec l’affaire de l’école
Nessiba 1. Une femme fut nommée à sa place et elle s’engagea aussitôt à débloquer la situation.

Elle adressa une correspondance au ministère de l’Intérieur pour faciliter le voyage des écoliers et l’obtention de leur passeport. Le ministre
Bâ Ousmane envoya la lettre qui sera rejetée par le responsable du centre d’enrôlement d’El Mina.

Finalement, on se rabattit sur le centre de Riadh. Les frais de confection des passeports furent payés lorsque l’agence refusa de le faire gratuitement. Puis, elle exigea à ce que les documents présentés soient notariés. Cela coûta 580.000 UM versés au Trésor Public.

Enfin, les enfants furent photographiés et leurs empreintes digitales prises. Rendez-vous leur fut donné le lendemain pour récupérer leur passeport. Surprise, les reçus qu’on leur avait donné indiquait qu’ils n’auront les passeports que dans une semaine.

Quand ils revinrent pour récupérer leur passeport, on leur fit savoir que les documents des élèves ne comportaient pas les photos de leur tuteur. Cela leur coûta 40.000 UM supplémentaires.

Le lendemain, les parents se présentèrent à l’agence pour récupérer les passeports de leurs enfants, on leur dit qu’ils ne sont pas prêts, sauf celui de l’entraîneur, du médecin accompagnant et du directeur de l’établissement.

Les parents furieux sortirent ainsi de l’agence de
Riadh dans une marche de protestation en direction de l’Office des Registres des Populations et des Titres Sécurisés. Là, un des responsables sortit pour leur lancer « vous êtes des fraudeurs, on va vous poursuivre ».

En ce moment-là seulement, les élèves de l’école Nessiba 1 et leurs parents surent que le voyage vers le Qatar était définitivement perdu. Mis au fait de cette situation, la chaîne qatarie demanda l’envoie de l’équipe d’Atar, mais il était trop tard.

 

Source: cridem.org
 

 

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