Accaparement des terres de la vallée, le régime de Mohamed O Abdel Aziz ne recule pas.

Ignorant sciemment les contestations des paysans et éleveurs qui font valoir leurs prétentions sur des terres de culture et de pâturages qui leurs appartiennent selon la législation, mais aussi selon les usages et les coutumes.

 

Il s’en suit un torrent de protestations des paysans et éleveurs de la zone concernée qui refusent d’entériner une telle expropriation. Mais l’Etat a renoncé ou suspendu pour le moment, ses prétentions sur les terres des communes de Aéré M’Bar, d’El Vrah, de Bababé et de Boghé.

L’Etat vient de louer la cuvette de «Karawlatt-Woulou N’Diaye» d’une superficie de 3200 hectares dans le Walo à l’AAAID (Autorité Arabe de l’Investissement et du Développement Agricole) le 15 janvier 2015 en conseil des ministres pour un bail emphytéotique de 25 ans, moyennant 16 millions de dollars par an, selon certaines sources, 1 milliard de dollars US par an, selon d’autres sources.

 

Cette population noire entretien des liens très affectifs avec la terre. Toute l’histoire et la culture, bref, l’organisation sociale de ces communautés gravite autour de la terre. Une dimension sociologique totalement ignorée par les pouvoirs publics qui ne sont mus que par des intérêts financiers maquillés sous le couvert d’une vraie fausse politique d’autosuffisance alimentaire.

 

L’Etat, en agissant de la sorte, opte clairement pour le bradage des terres de culture exploitées depuis des siècles par les populations noires autochtones contre quelques billets de pétrodollars versés dans l’opacité par le royaume Saoudien à des courtiers nationaux.

Un plan ourdi par le pouvoir pour chasser les Noirs de la Vallée du Fleuve Sénégal, c’est le sentiment qui prédomine aujourd’hui chez les populations expropriées ou en voie de l’être.

 

Et l’attribution d’une terre obéît à un arsenal juridique. Il doit respecter le code pastoral, le code forestier, le code environnemental et avoir une dimension sociologique. Rien de tout cela n’a été respecté contrairement à ce qu’a affirmé, la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, Iziza Mint Kerballi le 2 Mai 2015 devant les paysans à Darel Barka.

Jusque là, toutes les autorités qui sont passées devant les populations contestataires à Darel Barka, n’ont pas convaincu. Ils n’ont pas brandit, une seule fois la convention signée entre le gouvernement Mauritanien et l’AAAID sur ce projet. Pourquoi nos gouvernants cachent-ils encore ce document comme ce fut le cas lors de l’attribution de 31 000 hectares à « Rajii ?

 

Si réellement le pouvoir œuvre dans l’intérêt vital des populations ; pourquoi, ne les a-t-il pas associés dès le début des pourparlers avec ces investisseurs ? Et ces communautés qui vivent de l’agriculture et l’élevage sont appelées tout simplement à disparaitre de la carte, dans le cas où se projet est réalisé ou à se transformer en esclaves des sociétés multinationales.

 

Source : Journal Le Terroir (Mauritanie).

Flam.

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