«Le général» Mohamed Wul Abdel Aziz n’est pas Mauritanien par Ibrahima Abou SALL

 «Général » Mohamed Wul Abdel Aziz [l’ancien directeur de cabinet et homme de confiance jusqu’à la dernière minute de Mâwuya Wul Sîd’Ahmed Wul TAYA  : un travail de mémoire pour qu’on n’oublie jamais qu’il fut un collaborateur avéré dans les campagnes de massacres et de déportations des familles Fulve, bamana, sooninko et wolof pour bîdhâniser et arabiser le pays], et tous les Bidhân handicapés par un complexe identitaire (leur « arabité »), nient leur réelle diversité ethnico raciale qui est pourtant en eux-mêmes à l’évidence. Ils sont bien issus de métissages biologiques et culturels. On n’a pas besoin de faire des tests d’A.d.n. (Acide désoxyribonucléique) pour savoir que tous les Bîdhân sont des métis. Il suffit de regarder votre phénotype.

 

S’ils ne sont pas des Africains, alors ils ne sont pas des Mauritaniens.

Les Bîdhân sont dans leur droit le plus absolu de revendiquer ce qu’ils appellent leur « arabité » (J’avoue que je ne sais pas ce que cela signifie du point de vue anthropologique). Moi aussi je revendique mon Pullaagu et mon africanité, comme notre aîné Mammadu FAASA revendique son identité wolof et son africanité, Baba Assa MAREGA son identité sooninke et son africanité, Saydu KONE son identité bamana et son africanité. C’est l’Humanité.

 

Mais si les Bîdhân tiennent à faire comprendre par leurs propos racistes anti-Noirs et anti-Africains que le fait d’être assimilés à des Africains c’est leur dévaloriser de leur «arabité», ils doivent faire savoir aussi à l’opinion internationale qu’ils sont issus d’ancêtres indésirables qui avaient envahi par la violence militaire et inhumaine cette partie du continent africain.

 

Si nous faisons ce qu’on appelle de l’Histoire conjoncturelle, nous dirons alors que si cette destructive et dégradante invasion arabo-musulmane n’avait pas eu lieu, il n’y aurait pas eu de nos jours en Afrique cette lourde présence d’Arabes et de Musulmans en Afrique, à plus forte raison sur cette partie des territoires qui forment aujourd’hui la Mauritanie au sein de laquelle on trouve un Mâwuya Wul Sîd’Ahmed Wul TAYA, un Mohamed Wul Abdel Aziz, un Eli Wul Mohamed VAAL ((déformation lexicale du patronyme africain «FAAL»), un Mohamed Wul KETTAB, un Mohamed Khuna Wul HAYDALLA, un Ahmed Wul DADDAH (une extension idéologique de Mokhtar Wul DADDAH), une Mme CISSE  Mint Cheikh Wul Boyde (Les restes de nos ancêtres SIISE doivent bien remuer de colère et d’indignation dans leurs tombes séculaires), une Mint Hamdi Wul MUKNAS (qui a bien hérité de son père son racisme atavique), etc. Nos grandes civilisations africaines de l’Ouest (fulfulde, malinke, sooninke, amazigh) ne seraient pas détruites, aliénées et souillées par cette culture arabo-islamique fortement imprégnée de son inhumanité particulière.

 

Refuser d’être un Africain et diriger un morceau de la Terre d’Afrique, c’est inadmissible et intolérable. Une intolérabilité qui trouvera inévitablement sa solution légitime un jour. Et alors, la Mauritanie, construite sur un territoire d’Afrique (si elle existe encore. J’ai l’habitude de faire remarquer que nul pays n’est indispensable. Il suffit de faire un constat sur l’Histoire de l’Humanité), sera dirigée alors par ses filles et fils africains, quelles que soient la couleur de leur peau, leurs origines ethniques et sociales.

 

Un bref rappel historique « général ».

 

En décembre 639, les premiers Arabo-musulmans envahissent l’Egypte dont des milliers et des milliers d’autochtones noirs et blancs, de religions africaines, des juifs comme des chrétiens y furent massacrés. Ceux qui ont envahi les territoires du Nord-ouest du continent (Sud du pays qu’on appelle aujourd’hui « Maroc », le pays qu’on désigne aujourd’hui sous le vocable de « Sahara occidental », le pays qu’on désigne aujourd’hui « Mauritanie », l’est du Mali) sont vos ancêtres directs, si vous considérez qu’ils sont vos ancêtres : Les Banu Hassan issus d’un ensemble de tribus -les Banu Maqil-venues des pays que l’on appelle aujourd’hui le Yémen, l’Arabie Saoudite, qualifiées de redoutables tribus pillardes par leurs contemporains, les Banu Maqil écumaient la région dont celle de la Mecque et dépouillaient les pèlerins. Pour rétablir la paix et la sécurité indispensables aux pèlerinages dans les lieux considérés comme saints par l’islam, cette nouvelle religion envahissante, et au commerce dans la région, le khalif des Fatimides Al Mustansir Bi-Illah (1036-1094) les fit transférer de force en Haute Egypte. En 1048, la dynastie des Zirides d’Ifriqiya (actuelle Tunisie), vassale de la dynastie Shi’ite des Fatimides qui lui avait confié le pouvoir en 973, rejeta le Shi’isme pour retourner au Sunnisme. Pour les punir, les Fatimides lancèrent contre Ifriqiya des hordes de bédouins pillards dont les Banu Maqil qui dévastèrent le pays en 1052. Ce sont les «sauteriaux» dont parle d’ailleurs l’idéologue esclavagiste et raciste contre les Noirs, Ibn Khaldun. Entre le XIè et le XVIè siècles, les migrations conduisirent les Banu Maqil jusqu’au Sahara occidental dont une fraction, les Banu Hilal poussèrent plus au Sud, dans la région septentrionale de l’actuelle Mauritanie.

 

Où se trouvait alors l’Empire du Ganna dont les traces les plus anciennes datent du IVè siècle, donc un peu plus de 3 siècles avant l’existence de l’islam et de l’invasion de l’Afrique par des Arabo-musulmans ? Une religion dont ses habitants et leurs contemporains ne soupçonnaient même pas qu’elle existerait un jour dans l’Humanité jusqu’à donner des arguments pour le détruire après avoir provoqué des massacres de ses populations, de l’esclavage et des exodes massives vers le Sud

Mohamed Wul Abdel Aziz et vos semblables (c'est-à-dire les Bîdhân qui pensent que la Mauritanie est un pays arabe qui ne peut être dirigé que par un Bîdhân – thèse instaurée en 1946 par l’administration coloniale française et que la France du XXIè siècle continue de soutenir fermement), vous êtes chez NOUS AFRICAINS, les terres des patries de nos ancêtres. Quel est votre historien arabe ou collaborateur des Arabes qui dirait le contraire ? Personne ne vous oblige d’être des Africains.

 

Un Africain ?

 

Contrairement à ce que croient ces imbéciles (dans le sens latin du terme : imbecillus = faible : stupide, sot) chauvins et racistes et leurs semblables, un Africain est un être humain, une femme ou un homme, quelle que soit la couleur de sa peau, qui est fier d’appartenir à NOTRE CONTINENT, l’AFRIQUE : un continent de la diversité. Une diversité que ne peut supporter la culture dite arabe, alors qu’elle-même est le fruit des métissages biologiques et culturels.

 

Un amalgame dû le plus souvent à une ignorance totale des réalités géographiques, ethniques et culturelles de l’Afrique. Comme si l’Afrique était un tout homogène sur le plan racial, civilisationnel, culturel, historique, socio-économique et politique. Une Africaine, un Africain sont des personnes qui viennent d'Afrique, quelle que soit la couleur de la peau. Il ne faut pas assimiler "Afrique" qui est un concept géographique à "Noirs" qui est un concept anthropologique et sociologique.

 

L'Afrique est un continent de la diversité à l'intérieur duquel vivent des "Noirs", des "Leucodermes", des métis.

Aujourd’hui, l'Afrique est un continent qui s'étend d'Algérie, du Maroc, de la Tunisie, etc. au Nord en Afrique du Sud, en Namibie, etc. au Sud, du Sénégal, du Libéria, du Ghana, etc. à l'Ouest en Ethiopie, au Soudan, en Tanzanie, etc. à l'Est. Les ressortissants des pays de ce continent sont tous des Africains.

 

Tous les ressortissants des pays d'Europe sont des Européens. Tous les ressortissants des pays d'Asie sont des asiatiques, etc.

Attention, c'est par cette manière de penser visant l’exclusion, le rejet de l’autre qu'on véhicule des idées qui deviennent ensuite des idéologies qui conditionnent des comportements irrationnels. Ce n’est pas pour rien que les Arabes furent des alliés du nazisme. Le fantôme du grand mufti de Jérusalem, Hâji Amin el-Husseini, leader des Arabes de Palestine1, sera peut-être heureux de constater qu’en Mauritanie comme au Soudan, le Système Bîdhân continue d’appliquer les théories qu’ils partageaient déjà avec les Allemands nazis. Ce mufti avait quitté Bagdad en 1939 pour s’exiler à Berlin où il vécut jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il avait été accueilli par son allié Adolf HITLER en personne qui avait promis « (…) de faire massacrer tous les juifs de Palestine quand ils auraient envahi la région ». En attendant, « (…) Il y fut stipendié « à la fois par le Ministère des Affaires étrangères et par la SS»2.

 

Pour être crédible il faut participer à la transmission de la connaissance humaine rationnelle basée sur une réalité anthropologique, historique, sociologique, surtout auprès de publics très sensibles.

Comment peut-on tolérer qu’un non Africain qui affiche un mépris pour notre continent dirige un pays africain, la Mauritanie ? Il faut que, nous Africains de Mauritanie de toutes les couleurs et de toutes les communautés nationales, nous résolvions un jour cette lourde problématique (si elle existe encore. J’ai l’habitude de faire remarquer que nul pays n’est indispensable. Il suffit de faire un constat sur l’Histoire de l’Humanité),

 

Un Mauritanien qui n’est pas Africain n’est pas un Mauritanien. Alors, « le général » Mohamed Wul Abdel Aziz et ses semblables idéologiques ne sont pas des Mauritaniens. Ils doivent rentrer dans le prétendu pays de leurs ancêtres.

Comment supporter l’hypocrisie de l’Union africaine qui tolère qu’un pays d’Afrique soit dirigé par un non Africain qui affiche sa non africanité avec arrogance?

Alors retournez dans les pays de vos ancêtres et laissez-nous vivre dans l’épanouissement nos identités africaines remarquables par leurs diversités biologiques et culturelles.

De l’intérieur comme de l’extérieur, préparons-nous à entamer la phase ultime de notre combat de libération pour nous installer dans la dignité humaine.

 

Attention, attention, nous ne tolérerons plus jamais que des H’râtîn, des Africains comme nous, soient encore les sabres du national chauvinisme arabe qui massacrent leurs frères de «race » pour obéir aux ordres de leurs maîtres. On ne peut pas revendiquer ses droits humains contre l’esclavage et le racisme, et se mettre en même temps à massacrer des Bamana, des Fule, des Sooninko et des Wolof au nom de l’ethno arabisation de la Mauritanie

 

 

Ibiraahiima Abuu SAL

2010, Morso, 22 nassaande

 

1 Il est important de rappeler que les Palestiniens aussi ont été arabisés par les invasions impérialistes musulmanes. Une Palestine arabe n’est qu’un mythe qui a été construit par le national-impérialisme arabo-musulman. Les Philistins, un peuple non sémitique, devenus « Palestiniens » ont été arabisés et islamisés après l’invasion arabo-musulmane à partir de 636 ap. J.C., successivement par les ‘Umayyade, les Abbasside puis les Fâtimide.

Les Philistins, originaires d’Asie centrale, envahirent au XIIè siècle avant J.C. les terres que leurs descendants occupent aujourd’hui. Le nom « Palestine » a été utilisé pour la première fois en l’an 70 ap. J.C. lorsque les Romains en conflit avec les judéens, déclarèrent que la Terre d’Israël n’existerait plus. Ils donnèrent à ce pays le nom de « Palestine » qui vient de « Philistins », un peuple que les juifs leucodermes venus d’Egypte pour s’installer à Canaan (Judée) et en Israël, des provinces coloniales égyptiennes avaient conquis aussi au XIIè siècle. Les Romains décidèrent aussi de remplacer le nom « Jérusalem » par celui de « Aelia Capitolina ». Mais ils échouèrent puisque cette ville porte toujours son nom originel.

La Palestine, peuplé de Philistins et de Juifs n’a jamais existé en tant qu’entité autonome. Les territoires furent contrôlés successivement par les Romains, les Arabo-musulmans, les Croisés chrétiens, l’Empire ottoman puis par l’Empire britannique après la Première Guerre mondiale.

 

2 Le Nazisme qualifiait les Arabes d’  « Aryens honoraires ». (« La tragédie des soldats juifs d’Hitler » Bryan M. RIGG.Paris. Editions de Fallois. 2003. 367 pages. Traduit de l’américain par Huhues de GALLOIS. P. 272. Note 1. Titre original: Hitler’s Jewish soldiers ». 2002 by The University Press of Kansas.


 

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