Y a-t-il volonté de sauver le recensement ?

Face aux multiples protestations du reste légitimes, que des citoyens mauritaniens continuent d’adresser aux autorités, demandant que cessent les attitudes irresponsables et vexatoires adoptées par les commissions chargées des opérations d’enrôlement des populations, la haute administration reste indifférente, à ce qui se passe dans les bureaux de recensements. Ni les débats à l’assemblée nationale, ni les dénonciations de la presse, qui a mené des enquêtes sur le terrain pour vérifier la véracité des faits, ni encore les lettres ouvertes adressées au président de la République, n’ont réussi à changer la situation.

 

Les méthodes policières et discriminatoires utilisées par les recenseurs pour imposer des mesures coercitives à une composante de la population nationale sont restées toujours les mêmes. Cette poursuite de ce qui s’apparente à un recensement sélectif et exclusionniste semble confirmer ce que d’aucuns soupçonnent comme étant des ordres venant du sommet de la haute autorité. Sinon rien ne doit justifier de telles mesures faites à ciel ouvert contre une communauté que l’on veut priver de ses droits élémentaires. De tels comportements constituent les pires atteintes aux droits de l’homme portées contre un citoyen par ses compatriotes qui s’arrogent le droit de donner ou de refuser la nationalité à leurs compatriotes sous le prétexte fallacieux qu’ils sont douteux.

 

Qu’est –ce qui plus que les pièces d’état-civil peut justifier la nationalité d’un citoyen ? La couleur de la peau, la langue, sont –ils des critères objectifs de détermination de la nationalité. Qu’à cela ne tienne, un mauritanien né en Chine, au Brésil, en Afghanistan, etc… doit-il forcément parler l’arabe, pour mériter sa carte d’identité. Combien de personnalités mauritaniennes du gouvernement en place ont la nationalité étrangère, tout en gardant celle de leur pays d’origine ? Pourquoi alors vouloir marquer au fer de l’exclusion des mauritaniens détenant leurs pièces d’état civil en bonne et due forme parce que tout simplement ils ne parlent pas la langue hassayina ou ne savent pas situer sur une carte géographique Amourj pour prendre un des multiples cas survenus dans les bureaux. Triste pays que cette Mauritanie où à chaque fois que l’occasion se présente on s’acharne contre d’autres mauritaniens à qui on dénie la nationalité.

 

Drôle de façon de prôner l’unité nationale et de clamer l’égalité entre des citoyens d’un même pays. Oboma ne serait pas le président de la grande et puissante Amérique s’il avait été traité de cette manière aux USA. Sarkozy non plus ne serait pas à la tête de la France civilisée, si un Hongrois n’avait le droit de devenir citoyen Français. Que dire d’être mauritanien avant l’existence de l’Etat et de la nation mauritanienne.

 

Comme si tout ce qui a été commis à l’endroit de la communauté noire ne suffisait pas, on veut réinventer le concept de « mauritanité » pour priver de leurs droits ceux qui ont toutes les preuves de leur appartenance à ce pays et bloquer l’accès à l’état-civil ceux qui en ont été privés et qui cherchent à l’obtenir. Dans les deux cas de figure, la porte est fermée par les faux gardiens de la nationalité qui se raviseront tout d’un coup et à leurs dépens qu’ils marchent sur des braises …

 

Cheikh Tidiane Dia –Le Rénovateur

 

 

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