“Même si tu pries, tu n'iras pas au Paradis.”

Intention
 

Je suis arrivée à l'âge six ans au Sénégal. A cette époque, venir de Paris et se retrouver au Sénégal, c'était reculer dans le temps. Les différences entre ces deux cultures étaient très marquées.
Très vite j'ai été choquée par plusieurs formes de violences notamment contre les enfants.

 

Je me suis rendu compte que certaines personnes, des noirs africains en
l'occurrence, étaient maltraitées par les Maures. J'étais effrayée de voir leur situation de servitude quasi animale.
Mais curieusement cela ne semblait déranger personne.

 

Témoin de cet esclavage et d'un racisme que nul ne voyait, j'ai décidé que je rendrai un jour compte, de ce qui m'apparaissait comme une horreur.
Des années après, bien après leur décès et bien qu'ils ne m'en ait jamais parlé, j'ai appris que ma famille africaine avait résisté à cette situation. Finalement sans l'avoir jamais su, sans qu'aucune transmission ne ce sois faite, j'ai reconduis les préoccupations de mon père et de mon grand père Mapathé Diagne.

 

J'ai découvert dans le livre de mon grand père “Les Trois Volontés de Malick”, que les populations sénégalaises de la Casamance, s'étaient alliées aux Français pour lutter contre les rapts organisés par les arabes. La basse Casamance est principalement peuplée de Diolas qui se sont installés dans ces régions marécageuses pour échapper aux razzias esclavagistes.
Après des décennies, bien que le respect des droits humains semble universelle, et qu'il existe des organisations et des associations pour lutter contre l'esclavage, la situation n'a pas changé.

 

La Mauritanie a plusieurs fois aboli l'esclavage, mais ces lois ne sont pas
appliquées et la situation semble immuable.

 

“Même si tu pries, tu n'iras pas au Paradis ” est également une sorte de testament qui s'est décidé il y a fort longtemps, dans la même lignée des recherches que j'ai menées sur la traite des jeunes eunuques noirs africains.
 

Ce film regroupe le témoignage de plusieurs mauritaniens, historiens, ancien diplomate, journalistes, militaires, victimes du racisme d’Etat et de la politique d'épuration ethnique de leur gouvernement.
 


Deux Mauritaniens, mis en esclavage enfants ont réussi à s’enfuir; ils racontent leurs longues années de mauvais traitements.
Chaque témoin rend compte de la répression qui s'exerce à tous les niveaux de la société.

 

L’arrière plan des événements récents au Mali, apporte un éclairage, sur le racisme et l’esclavage que vivent les noirs en Mauritanie et renforce le message de ce film.
 

A ceux toujours en esclavage, à ceux qui n’ont pu y échapper, aux victimes de la dictature, aux morts sans sépultures, ce film est dédié.
 

“Même si tu pries, tu n'iras pas au Paradis.”
Documentaire
52'

Réalisateurs
Diagne Chanel Rishi Boodhoo
chanel.diagne@orange.fr pro@rishiboodhooo.org
+33 6 11 84 43 11 +33 6 86 78 48 64
www.diagne-chanel.com www.rishiboodhoo.org

 

 

 

Flam.

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