Penda Sarr de Ŋawle, une femme hors du commun!

La Commémoration  de 08 mars nous donne une occasion de glorifier toutes ces vaillantes femmes qui œuvrent inlassablement pour le développement économique, politique, culturel et social de nos pays et  participent ainsi à la bonne marche de nos sociétés.


 Ces femmes qui jouent un rôle prépondérant dans toutes les sociétés humaines et qui en constituent les gardiennes sûres  et intergénérationnelles  du substrat culturel et traditionnel de chaque communauté.


En général, chaque communauté ou chaque peuple a eu au cours de son histoire des hommes et des femmes dont les valeurs (humaines, sociales, morales, cognitives…)  ont hissé à un niveau très élevé  de stratification sociale, en les transformant à des icônes ou par la mythification de leurs personnes.


Dans cette optique et avec un regard rétrospectif, je veux nous rappeler une des femmes exceptionnelles qui a marqué une époque de notre histoire (XIXème siècle)   par de l’encre indélébile. Elle reste encore présente dans nos mémoires par ses dons et son immense savoir qui ont dépassé  de loin les frontières de sa région  natale de Fuuta Tooro.


Naquit à Ŋawle, Peinda Moussa Boukary Yero ne tarda pas à s’imposer à ses contemporains comme une femme hors du commun par ses dons indéniables et  sa connaissance mystique et ésotérique  extraordinaire. Parmi les dix enfants de Moussa Boukary SAAR, Peinda reste inégalable dans tous les domaines. Son cousin Cheikh Oumar Al Foutiyou TALL, ayant détecté en elle, une femme surdouée et hors du commun ; est venu la récupérer après le décès de son père Moussa Boukary  SARR. On raconte qu’elle était une cuisinière hors pair, capable de servir toute l’armée de Cheikh Oumar sans que sa marmite se vide totalement de son contenu.


Son retour à Fouta se fut après la disparition  de son cousin. C’est pendant cette période  qu’elle aurait  eu à affronter  les djinnes en attrapant une de leur fille par sa chevelure. Elle exigea en échange de laisser la fille, certaines connaissances approfondies et d’être servie à sa volonté par ces êtres invisibles à chaque fois qu’elle en manifeste le besoin.


Elle exigeait un respect et un traitement de faveur là où elle pouvait passer. En guise de salutation et de respect tous les hommes soubalɓe enlevaient leurs  coiffures de leurs têtes en entonnant son patronyme : « SARR ! SARR ! » Elle avait la capacité de transformer toute la prise d’un pêcheur irrespectueux en crapauds, ou bien de l’empêcher  de prendre quoi que ce soit et de rentrer bredouille. Elle était célèbre et connue, elle ne passait pas inaperçue. Elle était connue de l’administration coloniale dont le gouverneur vouait du respect à son égard.


Peinda SARR n’a eu que deux enfants  dans sa vie et elle mourut à Saint Louis. Nous avons le devoir d’honorer   le mémoire de cette femme qui reste encore un des symboles vivants de l’émancipation féminine. Cette fille  digne héritière de son père Moussa Boukary SARR qui du reste était un érudit  et l’un des valeureux disciples qui avaient séjourné à l’école coranique de Pire…

 

Mamadou Saïdou WONE.

 

12 mars, 2013

 

Source: blog-pulaagu.com

 

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