Comment les Français ont réellement conquis les pays Maures : la pacification française bénie par les chefs maures du Trarza, de l'Adrar , du Brakna etc.

La dernière idée des révisionnistes qui tiennent l’esprit d’Aziz, est d’inspirer au peuple fanatisé qu’il faut réécrire l’histoire de la colonisation et surtout de la résistance car elle aurait été altérée par le colon. Dans tout autre pays que le nôtre,ce serait légitime pour éviter la propagande du vainqueur. Hélas chez nous il n’y a pas vraiment eu de vainqueurs car il n’y a pas vraiment eu de résistance…

La pacification comme son nom l’indique fut de pacifier les tribus maureséternellement en conflit à base de pillage. De là que la pacification française a eu un succès car les français apportaient la paix et surtout la justice. Parler de l’histoire écrite par les vainqueurs n’a pas de sens car la Mauritanie fut construire par les français et les mauritaniens ; c’est cela le sens de la collaboration au noble sens du terme. 

Chez nous résistance ne signifie que lutte contre les intérêts de l’état en construction.

Cela tout le monde le sait mais pour combien de temps encore quand on voit la campagne tous azimuts de réécriture de l’histoire de façon éhontée chez les arabisants… Voilà qu’ontransforme en traîtres tous ceux qui sont morts pour construire ce pays et qu’on défend les thèses de ceux qui prenaient ordres, argent et munitions au Maroc dont le rêve fut longtemps de nous annexer. De là à croire que les bandes rouges du futur drapeau sont inconsciemment marocaines, il n’y a qu’un pas, qu’un trait, une ligne rouge vite tracée comme vite franchie..

Curieuse idée d’un sbaï en chef médecin après la mort peut-être pour faire oublier que deux grands émirs résistants ont été tués par des Oulad Busba car Frèrejean écrivait partout que les Oulad Bushba étaient ceux en qui il avait le plus confiance…

 

Aziz, sauvé de la mort par la France, semble avoir un sérieux problème récurrent avec tous ses bienfaiteurs. C’est triste. A quoi c’est dû ? On dirait qu’il déteste quiconque lui fait un grand bien comme s’il se sentait incapable de rendre ce qu’il a reçu et que la gratitude était un poids impossible à supporter autrement qu’en se retournant contre ses bienfaiteurs. Ajib. Que Dieu le protège de ses démons.

La ruse en s’attaquant désormais à la langue française c’est d’éloigner le peuple hassano-arabisant de la vraie histoire écrire en Français par l’administration coloniale qui n’avait alors aucun intérêt minier en Mauritanie. Pays désertique habité par de nobles misérables qui vivaient sous la terreur d’une poignée de « guerriers » pillards. Le terme guerrier dont se gargarisent certains appartient à la grille de lecture européenne.

Voilà qu’on découvre en arabe écrit en toutes lettres ce que pensaient les chefs maures de la présence française au Trarza, en Adrar au Brakna et ailleurs… Cela vaut le détour. Les mêmes mots reviennent à propos de cette puissance venu pacifier le pays en respectant la religion des habitants.

On est frappé près de cent ans plus tard par certains écrits. Ceux de Cheikh Sidïasemblent répondre à l’actuelle campagne des révisionnistes quand celle de Cheikh Saad Bouh remet les pendules à l’heure à propos de la nature des guerriers hassanes oppresseurs et racketteurs selon lui.

Qui croire ? Ces grands marabouts qui parlent de ce qu’ils ont connu où le révisionnisme de quelques intellectuels de mauvaise foi d’aujourd’hui ?

Voici quelques extraits de cette revue du monde musulman 1914
On y trouve les propos de chacun en arabe et traduits en français

A lire entièrement pour sentir combien les mauritaniens pour une grande majorité étaient heureux de la présence française. La Mauritanie est une terre de métissage fruit naturel de plusieurs empires dont l’empire français est la dernière touche. On aurait pu être un peuple à part en Afrique fier de ce brassage culturel, voilà que des criminels continuent à jouer à nous diviser et salir la mémoire des marabouts visionnaires et celle des pères fondateurs de la Mauritanie plurielle….

Adresse d’Ahmed Saloum, émir des Trarza

De la part de l’émir Ahmed Saloum ben ibrahim saloum, que Dieu fasse qu’il vive longtemps et l’aide à toujours défendre la justice !

Au colonel Représentant du gouvernement français aux pays maures.
Salutations à vous tous en général et en particulier, salutations qui servent d’édifice solide et infranchissable entre vous et vos ennemis.

L’un des buts nombreux et sans bornes de ma lettre est de vous faire savoir que je conserve pour toute la vie les vieilles attaches d’amitié et d’alliance qui m’unissent à vous, et que pour aucun événement de jour et de nuit, favorable ou défavorable, je ne changerai , connaissant votre sagesse, votre fidélité, votre sincérité et enfin votre supériorité à toutes les nations qui ont reçu des livres saints, sachant en même temps combien vous êtes bienveillants pour les musulmans que vous laissez libres de suivre la religion toujours respectée, tout en assurant à tous les croyants votre justice et votre bonté, sans jamais toucher aux coutumes de ceux-ci, que vous avez toujours su soutenir et protéger contre tout agresseur leur voulant du mal.

Nous avons reçu votre proclamation que nous avons lue et comprise, et avons été indignés des actes détestables d’injustices et de trahison des Turcs, actes qui ne peuvent que détruire la religion, les hommes et les biens.

Nous ne pouvons pas croire que des faits pareils puissent venir des gens sensés, car c’est contraire à la bonne politique et à la religion.
Nous ne croyons pas non plus que les auteurs desdits actes puissent réaliser leur désir à cause de leur injustice et de la trahison dont ils se sont rendus coupables, et pour lesquels ils s’entr’aident.

Nous partageons entièrement l’opinion des savants, Algériens, Tunisiens ou autres.

Ecrit le jeudi 29 du mois de Mouharram 1333, 17 décembre 1914.
Sous la dictée de l’émir Ahmed Saloum et de l’assemblée des gens qui lient et délient ( I )

( cachet)

( I ) les traductions des onze premières pièces sont dues à M. Bou El Mogdad

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Adresse de Sidi Ahmed Ould Aïda, émir de l’Adrar

Sidi Ahmed III ould Aïda, émir de l’Adrar, est le représentant officiel de la dynastie héréditaire des Ould Aïda, famille princière de la grosse tribu des Oulad Yahya ben Othman.
`
 » Au nom du dieu clément et miséricordieux !
De la part de l’Emir de l’Adrar, Sidi Ahmed Ben Ahmed Ben Aïda, parlant au nom de tous les habitants de l’Adrar et du savant Zaoui ( marabout ) Abd El-Kader ben Mohammed Saloum, au Colonel Représentant du Gouvernement français en pays maure.

Cette lettre vous est adressée pour qu’il soit à votre connaissance que nous assurons le Gouvernement de notre dévouement entier et de notre fidélité pour les français, toujours bien-aimés de tous les croyants, dont ils sont les amis.

Par cette lettre nous venons vous dire combien nous sommes heureux de vivre sous votre domination, dont le bienfait atteint tout notre pays désormais protégé.

Soyez persuadé que tous les habitants de l’Adrar marchent de cœur avec tous les français et prennent part à tout ce que ces derniers font.

Nous ne sommes pas des hommes qui se laissent tromper par des mensonges ou des calomnies, que des gens poussés par Satan répandent.
Nous connaissons mieux notre intérêt et savons où il se trouve.

Ce que nous regardons chez les gens, ce sont les actes, sans nous faire des illusions. Nous nous rendons compte du bien qui nous est fait et saurons en rendre le pareil.

Je signe en mettant mon cachet et parlant au nom de tous les gens du pays.
Que dieu soit avec vous contre vos ennemis et fasse qu’il n’en reste plus un seul sur la terre !

Le serviteur de Son Maître, Ahmed Ben Abd El-Kader, au nom de son père et de la Djmaa. »

(initiales et cachet )

 

Adresse de Cheikh Sidïa

Cheikh Sidïa Baba, petit-fils de Cheikh Sidïa El-Kébir, est à la tête d’un très important groupement des Qadriya de la Mauritanie. Par son grand-père, qui fit ses études dans le Hodh et à Tombouctou, il se rattache aux Kountas.
Le centre de son groupement religieux est à Boutilimit ( Trarza ). Mais son influence qui est considérable, s’étend à toute la Mauritanie et au Sénégal.

 » Au nom de Dieu clément et miséricordieux !

Louange à Dieu, maître des mondes, que le salut soit répandu sur Mohammed et sur les autres Prophètes et Saints !
Dieu, le généreux, le miséricordieux, le savant et le sage, a révélé, par l’entrée de la puissance française dans les pays des Toucouleurs, des Maures et des Noirs, des avantages incalculables et que l’on n’avait jamais connus : comme l’abandon des instruments de guerre par les tribus, l’abolition des actes d’oppresseurs hérités des ancêtres, la répression du pillage et des peines de mort, et tout cela depuis de longues années. La France a également développé la justice et la sécurité dans les pays de tous leurs administrés sédentaires et nomades ; elle a construit des puits abondants dans les lieux de station et dans les demeures ( terrains de parcours et villes) , elle a fait installer auprès des indigènes des médecins habiles, pour le riche comme pour le pauvre.

Elle a assuré d’autres avantages qu’un homme intelligent ne doit pas ignorer et qui ne sont méconnus que par les ignorants ou par ceux qui feignent l’ignorance.

Louange à Dieu que nous demandons de consolider et faire durer l’établissement de cette puissance dans les pays et de la protéger contre tout ennemi, que cette puissance soit toujours celle qui dompte le malfaiteur et  pacificatrice des pays et qu’elle continue d’arranger les affaires des créatures, sédentaires comme nomades. Ainsi soit-il  »

( cachet )

Ecrit comme Dieu lui a fait connaître, deux jours restant du mois lunaire de Moharram correspondant au 8 décembre 1914, à Boutilimit, que Dieu la garde !
Que nos frères musulmans – que dieu les guide ! – prennent garde aux mensonges qui peuvent nuire aux intérêts de la France et qui peuvent conseiller l’éloignement de la France, étant donné les mérites dont les français ont fait preuve dans les pays musulmans, qu’il ont toujours traités avec bienveillance et auxquels ils ont apporté beaucoup d’avantage. Il n’est pas permis à un Musulman connaissant bien ses intérêts de travailler dans ce qui pourrait affaiblir la France.

La récompense d’un bienfait n’est-elle pas un bienfait pareil ?

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Adresse de Cheikh Saad Bouh

Cheikh Saad Bouh est le chef d’un groupement religieux important qui comprend des adeptes à la fois dans la Basse-Mauritanie, dans la plupart des cercles du Sénégal, et même dans les Guinées française et portugaise.
Héritiers des traditions religieuses de son père Mohammed Fadel, du Hodh, il est frère de Ma El-Aïnin et oncle d’El-Hiba

Au nom de Dieu clément et miséricordieux !

Que le salut divin soit du Mohammed et les siens, les meilleurs qui soient au monde ! Salutations qui étendent son ombre comme le Ciel, et qui servent de terre pour permettre aux piétons de marcher.

De la part du propriétaire du cachet apposé, que Dieu élève son rang parmi tant d’autres, au Colonel du Gouvernement français en pays maures.

La lettre a pour but de te faire savoir que l’agissement des Turcs n’est nullement juste, pour les trois raisons suivantes :

1- Contradiction avec la parole de Dieu ( le Coran ) qui le défend par plusieurs versets, entre autres celui-ci : « Ne vous jetez pas dans le péril ». Il est évident qu’en faisant la guerre aux Français, on se jette dans le péril et on agit contre une nation de Justice, qui ne cesse de défendre les intérêts de ses sujets musulmans, qu’elle aide à pratiquer leur religion et protège contre l’oppression des brigands Hassanes ( guerriers maures)  chose connue de tout le monde, en général et en particulier.

2- contradiction avec l’avis unanime de tous les musulmans avisés, qui sont d’accord pour dire que de toutes les nations européennes on peut craindre un jour ou l’autre pour la religion, soit pour la modifier, soit pour en empêcher complètement la pratique, sauf de la France qui ne s’y oppose en rien et laisse ses adeptes libres ; au contraire elle aide les musulmans et les encourage à s’acquitter de leurs devoirs religieux, il nous a été donné de constater nous-mêmes qu’elle exhorte à faire la prière ceux de ses sujets qui la négligeraient.

3- Le taux peu élevé de l’impôt réclamé pour alimenter le Beït El-mal.

Parmi les chefs qui existaient jadis, nous ne connaissions que El-Hadj Omar et ses fils, mais ils prélevaient des impôts fort élevés qu’ils réclamaient avec violence , tant aux gens humbles qu’aux illustres.

Quant aux chefs Hassanes qui commandaient notre pays, ils n’avaient aucun trésor et étaient tout le temps affamés, ne vivant que de produits de l’oppression dont les marabouts sans armes, sans assistance et sans aucune protection que celle de Dieu, étaient l’objet de leur part, marabouts qui n’avaient de profession que la lecture du Coran et l’étude des sciences religieuses.

Un autre moyen d’existence des guerriers était le tribut qu’ils touchaient sur certaine caste dite Lahma ( morceau de viande ) ( I), connue aussi sous le nom Açhab ( tributaires).

( I : il s’agit des Zenaga, ordinairement appelés Lahma ( viande ) par les guerriers Hassanes. Les marabouts appellent plus décemment leurs Zenaga Télamides ( disciples ))

Par suite de la domination française, les marabouts se sont trouvés complètement débarrassés de leurs oppresseurs ; et les tributaires de leur côté se sont mieux trouvés pour ce qui concerne le mauvais traitement et le pillage dont ils étaient constamment l’objet de la part des guerriers, qui exigeaient toujours d’eux plus qu’ils ne pouvaient leur fournir.

Il est certain que si les français connus pour leur justice et par leur sagesse n’avaient pas tenu compte de ce que les guerriers étaient comme des chiens affamés auxquels il faut toujours donner à manger, ils les auraient dépouillés de ce droit  comme les serpents se dépouillent de leur peau.

Enfin il y a deux autres raisons qui ont empêché ce Gouvernement de supprimer totalement ces redevances :

1- Parce qu’il a remarqué que ceux qui les payaient n’étaient des gens ni de religion ni d’instruction, et surtout qu’ils ne faisaient rien pour se distinguer.

2- Parce que les bénéficiaires étaient les pauvres qui n’avaient aucun autre moyen d’existence en dehors desdites redevances perçues sur les tributaires, considérés comme leur propre bien.

Les Français sont trop justes pour priver les gens de ce qui leur appartient ou changer des choses qui ne sont en quelque sorte injustes, et surtout qui existaient déjà dans le pays avant la domination française.

Lorsqu’une nation se comporte ainsi et qu’elle applique des règles si sages, des gens se disant Musulmans ne doivent pas lui déclarer la guerre.

D’ailleurs, on dit : «  l’homme intelligent est celui qui est averti par le malheur d’un autre »

Déjà les fils de Ma El-Aïnin s’étant mis en guerre avec les français auxquels ils avaient fait venir du Maroc un descendant de Moulay Ismaïl, reconnaissant bien leur incapacité de lutter et sachant que leurs efforts qu’ils faisaient contre cette nation étaient vains, furent obligés de traiter et de chercher l’amitié des français.

Les Ahel Cheikh Ma El_-Aïn, encore moins heureux et divisés par des dissentiments, prirent la route de l’exil, avouant ainsi leur faiblesse et leur impuissance de continuer la guerre.

Il y a même certains membres de cette  famille qui se sont trouvés dans la nécessité de demander mon intervention pour leur obtenir l’amam, ce dont je vais m’occuper s’il plaît à Dieu et si les français y consentent ; sans cela je dirai à ce sujet ce que le poète a dit : «  ö toi qui t’informe de mes relations avec Kaïs ( nom d’une tribu arabe ) , sache que je ne suis rien pour Kaïs et qu’ils ne sont rien pour moi »

Je jure par Allah que des gens qui ont vu les Ahel Ma_El-Aïn depuis, il y en a qui m’ont déclaré que ces marabouts s’étaient bien rendus compte de tout ce que je leur disais dans mon livre de conseils, tendant à les empêcher de faire la guerre aux Français, était la pure vérité.

Mais ce qu’il y a de plus étonnant de ce que j’ai vu ou entendu, est que des gens jaloux de moi auraient dit aux français que j’avais produit si tardivement mon livre, que celui-ci était devenu inutile ( I ).

( I : Cheikh Sadd Bouh avait écrit un opuscule, où des conseils adressés à la famille de Cheikh Ma El-Aïnin les exhortaient à s’abstenir d’une guerre qui serait désastreuse pour eux.
Ces conseils tirés des livres saints étaient soutenus par des textes de la jusrisprudence, des versets coraniques et des hadiths du Prophète.
Imprimée au Maroc, cette brochure avait été largement distribuée en Mauritanie.
Les ennemis de Saad Bouh firent malicieusement remarquer que son mandement n’apparut qu’après la ruine des affaires de Ma El_Aïnin en Mauritanie. (N.d.T).)

Je jure encore par Dieu que les informateurs avaient menti et que cet ouvrage avait été fait au moment juste de l’arrivée des fils de Cheikh Ma El-Aïnin de Moulay Dris surnommé le Khalifat ( il s’agit du Chérif venu du nord et qui commandait pendant le siège de Tidjikdja en 1906 ) dans l’Adrar. Mon intention dans ce moment-là était d’envoyer mon livre à Cheikh Ma El-Aïnin lui-même ;mais le Gouverneur à cette époque me l’a refusé, voulant le faire imprimer d’abord.

Il m’a même adressé une lettre rédigée par le nommé Soleïman, fils de Bou El_Mod-gdad ( que Dieu ait pitié de lui ! ) et dans cette lettre il me disait qu’il avait beaucoup admiré mon travail et qu’il voulait le faire imprimer à 1000 exemplaires, en me faisant observer que tout envoi aux Ma El-Aïnin par voie de terre risquerait d’être enlevé et détruit par nos ennemis communs.

Cette observation était juste, car j’avais envoyé des lettres au général Gouraud quand il était dans l’adrar et les lettres ont été détruites et mon envoyé battu par les malfaiteurs rencontrés qui lui ont pris son chameau, ses vivres et sa guerba d’eau.

Enfin les dissidents m’en voulaient plus qu’ils n’en voulaient aux français eux-mêmes ; ils me traitaient souvent de Kafer ( infidèle ) et ajoutaient que ma situation différait de celle Cheikh Sidïa, qui ne s’était mis avec les Français que forcé par les tribus avec lesquelles il était en guerre telles que les Dieïdiouba, les Brakba- Ahel Ben ali contre lesquelles il cherchait un appui et un asile auprès des Français.

Quant à moi , disaient-ils, je n’avais aucune raison pour rester auprès des Français et surtout défendre leur cause en travaillant chez les Maures pour leur profit : d’après leurs allégations, si je n’étais pas là les marabouts seraient tous d’accord pour lutter contre la France.

A tous ces reproches je ne faisais qu’une réponse qui est celle-ci :

«  Celui qui se montre insouciant pour la fin des événements est un homme sans expérience ».

En un mot l’acte des Turcs est injuste en tout, et ses auteurs ne peuvent qu’en subir les conséquences fâcheuses et tout ce qui s’y rattache, car la France, s’il plaît à Dieu, ne sera jamais vaincue pour trois raisons :

1- Sa correction en tout et la justice de son administration.

2- le nombre et la force de ses partisans en combattants et en marabouts faisant des prières exaucées pour elle, ce qui est aussi  tranchant que des sabres.

3- le fait qu’elle défend une cause juste et qu’elle se bat avec des oppresseurs que Dieu n’assiste point.
Ci-joint un autre livre que j’ai fait l’année dernière pour répondre à ce que les Smaristes disaient dans le temps ( les habitants d’Atar qui étaient dissidents )

Dans cet ouvrage je démontre que c’est bien moi qui avait raison, et non pas eux et Cheikh Ma El-Aïnin..
Si vous jugez nécessaire on pourra le faire imprimer comme le premier livre intitulé Nassira ( conseil ).
Le 22 du mois de Moharram 1333 etc.

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Adresse du Cadi des Brakna

Mohammed Mahmoud dit « Dida » est le cadi supérieur des fractions guerrières et maraboutiques Brakna.

Au nom de Dieu clément et miséricordieux !

Louange à Dieu maître des mondes ! Que le salut soit sur Mohammed, Seigneur de tous les Prophètes
Nous, habitants musulmans du pays Brakna, envoyons cette adresse à nos chefs, les français.

Nous apprenons une nouvelle qui nous fait beaucoup de peine et qui nous contrarie : cette nouvelle est que les allemands font la guerre contre les Français, sous la domination desquels nous sommes heureux de vivre depuis dix ans. C’est grâce à la paix que les français ont assurée dans notre pays que nos richesses se multiplient et que nous ne sommes plus exposés aux pillages et vols que les malfaiteurs commettaient jadis chez nous.`


Les tribus qui se faisaient la guerre entre elles autrefois, sont aujourd’hui d’accord et vivent en bonne intelligence ; nos chefs respectifs et nos cadis nous sont laissés. Tous nos biens sont respectés, notamment nos terrains de culture et de pâture ; de plus, les français nous ont creusé des puits avec forage pour abreuver nos campements et nos voyageurs, sans parler des écoles qu’ils ont créées, ayant des professeurs de notre race pour enseigner notre religion à nos enfants, et d’autres professeurs pour leur apprendre le français.

De plus, nos lois, notre religion et nos vieilles coutumes sont respectées, et nos cadis rendent leurs jugements d’après la loi de Mohammed ( que le salut soit sur lui ! ) jugements dont les français assurent l’exécution en punissant ceux qui refusent de s’y conformer.

En un mot, notre sympathie pour les français est complète et la confiance entre nous est grande, à cause de leur justice, de leur équité, et enfin de la sincère amitié qui nous unit.

Nous faisons des vœux ardents pour le triomphe du glorieux peuple français, notre sincère ami, qui est notre protecteur.

Ecrit par Mohammed Mahmoud dit Dida Ben El-Morabet, cadi du cercle des Brakna, le neuvième des jours de Moharram de l’année 1333 de l’hégire de notre prophète, le salut soit sur lui ( soit le 27 novembre de l’année chrétienne 1914 )

 

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