Je vois deux soldats rudoyer un officier de la marine, le sous-lieutenant Tambadou Abdoulaye

Le 23 novembre, vers dix-heures la porte de la prison s’ouvre à nouveau, deux minutes coulent sans que personne n’entre. Mon intuition n’est pas pour me rassurer lorsque, comme un gaillard, le caporal étrangleur s’encadre dans la porte, de son index il me fait signe de venir. Mon cœur se met à battre plus vite, tout d’un coup, les séances d’étranglement me reviennent à l’esprit…Il invite les lieutenants Sall Abdoulaye Moussa et Mansour Kane à quitter eux aussi la cellule.

Dehors nous formons une seule colonne et sous le commandement de notre bourreau, nous nous traînons vers la façade ouest de la base. OULD DEMBA marche en tête, il a dans sa main gauche des bandeaux, donc c’est bien pour être tortures’ qu’on nous a sortis et peut-être même pour nous tuer-…. Quelques mètres plus loin, prêt du dernier hangar, le plus grand de la base, je vois deux soldats rudoyer un officier de la marine, le sous-lieutenant Tambadou Abdoulaye.

[….] J’aperçois sous le hangar les masses sombres des prisonniers. Ils sont ligotes’ et couches’ a même le sol….J’entends la voix familière d’Anne Dahirou avant de le voir; il demande à parler à son cousin…Il a des traces de cordes sur le corps, au niveau de la poitrine, il a été traîne’ derrière une voiture, les cordes utilisées a cet effet laissent des traces. Nore colonne s’arrête, on nous conduit chacun derrière un véhicule, nos vêtements son retires’ à l’exception du slip. Ensuite nous sommes attaches chacun derrière un véhicule.

Le lieutenant Anne Dahirou est attache’ derrière une Land Rover, le véhicule de commandement du capitaine SIDINA OULD TALEB BOUYA, il est à l’autre extrémité sur ma gauche, ensuite viennent respectivement Mohamed Mansour, puis le lieutenant Sall Abdoulaye Moussa attachés eux derrière des Sovamags. Quant a moi, on me destine un camion… Le caporal OULD DEMBA nous met les bandeaux. On m’asperge d’eau sale et puante. Le camion, une Mercedes type 11/13 se met à rouler. J’essaie de suivre en courant mais cela ne peut durer longtemps avec des pieds enchaînes’…» (Sy 93-95)

Sy, Mamadou. L’ENFER d’INAL. Paris: Edition Harmattan, 2000.

Flam.

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