Mauritanie: Les autorités annoncent la découverte d'un complot LE MONDE |30.10.1987

Nouakchott. _ Un complot visant à renverser le gouvernement et impliquant des militaires proches du chef de l'Etat a été déjoué le 22 octobre dernier en Mauritanie, a-t-on annoncé, mercredi 28 octobre, à Nouakchott.

 

Un communiqué du ministère de l'intérieur cite parmi les instigateurs trois hommes proches de l'entourage du président mauritanien, le colonel Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya : l'adjoint du chef de cabinet militaire, le chef d'escadron de la garde présidentielle et l'officier de permanence de l'état-major national.

 

Cette " tentative de renversement du pouvoir " est " un crime contre la collectivité nationale tout entière ", car elle " aurait inéluctablement coûté très cher en vies humaines si elle n'avait été déjouée avant le début de son exécution ", indique le communiqué.

 

Selon des sources dignes de foi à Dakar, une vingtaine d'arrestations auraient été opérées au sein de la communauté négro-africaine, parmi des cadres militaires et civils, après la découverte de ce complot.

Selon les mêmes sources, la frontière terrestre entre la Mauritanie et le Sénégal est fermée depuis lundi à l'initiative des autorités sénégalaises. Celles-ci craignent l'extension sur leur territoire d'une épidémie de fièvre jaune qui s'est déclarée dans le sud mauritanien. A la suite de cette mesure, les autorités mauritaniennes ont fermé à leur tour leur frontière terrestre, où elles ont mis en place un dispositif militaire important, indique-t-on à Dakar.

 

L'an dernier, la Mauritanie avait connu une vive agitation de la communauté négro-africaine. Cette agitation (incendie de voitures officielles et mise à sac de bâtiments publics et privés à Nouakchott et à Nouadhibou) avait conduit à l'arrestation de nombreux cadres et militants d'organisations clandestines noires. Ceux-ci avaient été condamnés à des peines allant de six mois à cinq ans de prison pour " atteinte à l'unité nationale ".

 

Le colonel Ould Taya, dans une interview à l'AFP, a estimé que l'agitation négro-africaine était menée par des mouvements basés à l'extérieur du pays, mais ne bénéficiant pas pour autant du soutien des gouvernements de pays d'Afrique noire. _ (AFP.)

 

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