un exposé sommaire des violations et des violences de l'Etat raciste mauritanien de 1986 à nos jours

 

Au moment où en Afrique, où partout dans le monde, en Amérique, en Asie, en Europe de l´Est, la démocratie fait des progrès ,où peuples et nations se libèrent du joug de la domination et de l´intolérance sous toutes ses formes, la Mauritanie á contre-courant de l´histoire, ne cesse de développer un système pernicieux de ségrégation raciale, d´accaparement exclusif de l´Etat et de ses instruments (Administration, Armée, Ecole, Médias etc...)au profit d´une seule communauté ou clan, d´entretenir une politique de dénitrification vis á vis des citoyens Négro-africains de Mauritanie, de pratiquer l´esclavage á l´encontre des Maures noirs (Haratines).

 

Nous voulons vous exposer cette réalité douloureuse dans un pays d´histoire ancienne, creuset de civilisations noires, avant le dessèchement du Sahara occidental, ensuite  arabo-bérbére, la Mauritanie avait une vocation naturelle d´être un trait d´union entre l´Afrique Noire et le monde Arabo-bérbére.

 

C´est á la suite de toutes les violations des droits de la communauté noire depuis l´indépendance qu´en 1986 des cadres et intellectuels Négro-mauritaniens confrontés á la marginalisation des noirs au plan politique, culturel, économique, social et au mépris affiché par les autorités, ont publié un document intitulé « LE MANIFESTE DU NEGRO-MAURITANIEN OPPRIME » où ils montrèrent la domination sur tous les domaines et la volonté d´assujettir les Négro-mauritaniens avec des chiffres et statistiques. Profitant de la publication de ce manifeste, le pouvoir fit arrêter des dizaines de négro-africains;ces derniers furent jugés dans des conditions inacceptables au regard du droit et ils ne furent même pas assistés de leurs avocats. Après avoir été torturés, ils furent condamnés pour plusieurs d´entre eux á 4 ans, cinq ans de travaux forcés suivis d´un bannissement de Nationalité pour une période de dix ans. Au moment du jugement á Nouakchott, le verdict fut prononcé après la lecture d´un verset de coran condamnant les juifs. C´est dire que le système d´apartheid mauritanien ne reconnait même pas aux négro-mauritaniens pourtant musulmans le caractère d´hommes musulmans (autrement dit en Mauritanie seul un arabe peut-être musulman).Par ailleurs prononcer un verdict sur un passage du coran qui semble « maudire » les juifs, constitue une preuve de plus du caractère intolérant de l´Etat mauritanien vis á vis de tout ce qui n´est pas arabe.

Après avoir été ligotées, battues, les 26 personnes condamnées pour la publication du manifeste furent amenés á la prison civile de Nouakchott où les conditions de détention étaient des plus exécrables: interdiction de visites familiales, nourriture faite de bouillie de riz, constamment enchainées des pieds et des mains, détenues avec des prisonniers mineurs de droit commun, travaux forcés.

 

Entre septembre 1986 et décembre 1988,des milliers des noirs,(civils et militaires)furent démis de leurs fonctions, emprisonnés, torturés.

Le 6 décembre 1987 les lieutenants Sarr Amadou,Sih Saïdou et Bah Seydi furent passés par les armes, suite á un procès au cours duquel des considérations raciales avaient fini par avoir raison sur la justice. Pour les faire souffrir, l´Etat major de l´Armée avait même donné ordre á ce qu´on les laissât agoniser le plus longtemps possible sur leur lieu d´exécution.

 

Tous ceux qui sont condamnés á purger des peines des prisons sont transférés dans une prison á Oualata où le manque d´eau, de nourriture, la rudesse des travaux forcés entraîneront la mort de plusieurs détenus dont Téne Youssouf Guéye (écrivain et diplomate qui fut en poste aux Nations Unies dans les années 1960),Djigo Tafsirou (ancien ministre )Ba Abdoul Ghouddouss (ingénieur du génie civil),Ba Alassane Oumar (ancien officier de la gendarmerie).

 

Leurs  compagnons de prison qui les ont entérrés, souffrent encore aujourd´hui des séquelles liées aux blessures aux pieds,aux poignets á cause des chaînes.

 

Lire le livre-témoignage du camarade Boye Alassane Harouna « ´J´ETAIS A OUALATA »Edition de l´harmattan 1999.

Mais voyant que ni les exécutions extra-judiciaires, les tortures physiques et morales, les humiliations, ni les pressions économiques et sociales n´entamaient la farouche volonté des nationalistes noirs á sauvegarder leur identité et á revendiquer leurs droits á part entière au même titre que leurs concitoyens arabo-bérbéres, le colonel Ould Taya inaugura á partir d´avril 1989,la politique de déportations et de dépeuplement de la rive mauritanienne de la vallée du fleuve Sénégal. Suite aux événements tragiques de Doundé Khoré (Diawara) va commencer le plus grand exode des noirs de Mauritanie.

 

Accusés á tort d´être « sénégalais », des mauritaniens seront arrachés á leur sol natal, attachés comme du bétail puis transportés dans des camions, avions de jour comme de nuit. Ainsi plus de 200.000 négro-mauritaniens par le seul crime d´être noirs et de parler leurs langues négro-africaines se retrouveront au SÉNÉGAL, qui au Mali et tous ont été dépossédés de tous leurs biens (terres de culture, biens immobiliers, bétails, argent, bijoux, etc..).Mais pire, des familles entières seront brisées comme dans des déportations de noirs vers les Amériques. Tel garçon est déporté de son école sans nouvelle de sa famille, tel père est parti sans ses enfants et sa femme;tous les cas de figure de l´humiliation et du mépris s´y retrouvent:une mère est partie sans ses enfants, des enfants sont déportés sans leur mère, des frères et sœurs déportés sans la mère et le père. Pour toutes ces personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, une seule certitude demeure, la couleur de leur peau détermine leur Nationalité. Ainsi des villages entiers de la rive mauritanienne ont été vidés de leur populations d´origine, pour la plupart éleveurs et agriculteurs Pulaar. D´autres furent obligés de s´exiler dans d´autres pays du monde.

 

De nombreuses personnes ont été torturées en divers lieux de détention avant d´être tuées ou déportées. A Aleg, capitale régionale, plus de 350 villageois avaient été détenus dans une caserne á Azlat dont beaucoup n´ont jamais été revus. Des cultivateurs du village de Gourel Mamadou ont été arrêtés sans motif officiel, enchainés, battus et torturés par des militaires. De nombreuses femmes ont été violées par des militaires pendant leur détention en vue de leur déportation, on leur arrachées leurs boucles d´oreilles au point que certaines sont arrivées avec des plaies béantes.

 

Dans le « Monde »du 12/07/89 une femme peulh déclarait: »je suis mauritanienne:on n´a pas le droit de me priver de mon pays, de mon mari et de mon enfant á cause de la couleur de ma peau. »;Djenaba avait trente ans et la peau noire. Fonctionnaire á la Banque centrale de Mauritanie, elle a été interpellée au mois de juin 1989 par la police á son bureau. »Après un contrôle d´identité confie-t-elle, j´ai été détenue trois jours dans un poste de police avec une centaine de personnes ».Moussa Hanne, chef d´exploitation dans une mine témoigne au « Monde » du 10/07/89 « j´avais les documents prouvant que nous sommes bien mauritaniens, mais á chaque fois ils (les soldats) disaient: ca ne suffit pas !..On nous a embarqués dans un avion militaire marocain á destination de Dakar. Le pilote s´est interposé en apprenant que nous étions mauritanien.

 

J´ai l´ordre de n´évacuer que des sénégalais, a t-il dit. Mais les policiers ont répondu:nous aussi, on a des ordres !Et ils nous ont forcés á embarquer « .On raconte l´histoire d´Houlimata cette étudiante en philosophie devenue á moitié folle, dans le Monde diplomatique. Pour lui faire avouer son appartenance supposée au mouvement d´opposition des FLAM, les policiers, après lui avoir fait croire qu´ils avaient fait brûler ses parents, avaient menacé de l´arroser d´essence. Finalement réunie avec ses parents, la jeune fille a été déportée, la famille vit aujourd´hui dans le camp des réfugiés de Dagana. La peur, la terreur, la mort, la désolation, seront répandues et entretenues par les sbires du colonel Ould Taya, soucieux d´asseoir son coup d´Etat permanent pour faire de la Mauritanie un Etat exclusivement arabe ou pour les arabes.

 

A SUIVRE.
 
La commission juridique et politique des FLAM.

 

Flam.

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