Déclaration des Flam à l’occasion de la fête de l’humanité de Villenave D’ornon 2015.

Section Europe de l’Ouest


MAURITANIE :  DU RACISME VERS UN 2° GENOCIDE PROGRAMME

 

Après leurs massacres (plusieurs milliers entre 1987 et 1992), leur déportation vers le Sénégal et le Mali entre 1989 et 1991 (plus de 200.000), la négation de leurs spécificités culturelles,  leur mise à l’écart systématique dans la gestion des affaires du pays, les Noirs mauritaniens apprennent depuis le début de mois de mai 2011 qu’ils sont pour majorité non Mauritaniens.

 

En effet, le gouvernement du général putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz a lancé depuis le 04 mai 2011 une opération de recensement à vocation d’état civil, qui, dès son entame, s’est révélée comme un acte de trahison de l’Etat, un recensement discriminatoire et un moyen d’épuration identitaire contre les populations négro-mauritaniennes et les Haratine-Abiids (respectivement esclaves et affranchis esclaves), dont plus de 600.000 seraient sans pièce d’état civil.


Dans les « Centres d’accueil citoyen », ce qui devait être une opération de simple substitution de pièces d’état civil va se transformer pour tout Noir non arabe et leucoderme en un interrogatoire mené par des agents idéologiquement  et politiquement marqué par le national arabisme chauvin contre sa « Mauritanité ».

 

Aujourd’hui et par ce projet, les Noirs  sont systématiquement rejetés par ce que la couleur de leur peau, leurs langues et cultures constitueraient pour les agents zélés, à qui l’Etat mauritanien a confié des pouvoirs immenses, des traits rédhibitoires dans une Mauritanie que l’on voudrait racio-culturellement blanche et arabe.

 

Et, dans le cadre de la mobilisation des populations négro-mauritaniennes contre leur anéantissement programmé par le recensement à visée discriminatoire, par les expropriations de leurs terres agricoles, par le non-respect de la Mauritanie de ses engagements internationaux pour le rapatriement des Négro-mauritaniens déportés en 1989, des manifestations pacifiques sont régulièrement organisées par les victimes du racisme du régime du Général président. Celles-ci sont toujours sauvagement réprimées par l´appareil sécurocrate du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Comme à son habitude, le Système n’oppose à la demande de justice et aux droits légitimes à la reconnaissance que la force brutale et disproportionnée. La violence aveugle.

 

Devant ce danger que constitue ce projet de 2° génocide, conscientes de la gravité de cette situation,  et soucieuses de préserver la paix et la dignité inaliénable de chaque Mauritanien, nous, Forces de libération africaines de Mauritanie :

 

- attirons l’attention de la communauté internationale et ses décideurs contre la légitimité internationale que l’on voudrait confier aux plus grande et méprisante manifestations du racisme ; le système ethno-chauvin de Mauritanie,


- demandons à nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora d’user de tous les moyens à leur disposition pour contrer les desseins encore génocidaires du Système raciste,


- appelons les partenaires de la Mauritanie, en premier lieu la France et l’Union Européenne d’exiger que les régimes ethnofachistes arabistes cessent avec cette politique de dénégrification de notre pays.
- exigeons une concertation nationale sur le devenir et l’identité  de la Mauritanie.

 

Paris, le 16 mai 2015.

 

Département Communication et Presse
Flam-Europe de l’Ouest

 

 

Flam.

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